Monsieur le Maire ouvre la séance et à l’occasion de cette troisième journée du forum social, il met l’accent sur la participation des deux premières soirées. Il souligne le grand intérêt que les participants ont porté lors des débats sur les thèmes du bénévolat et du sport. Il a noté la grande qualité des interventions des orateurs et des participants.
Il poursuit en indiquant les deux thèmes à l’ordre du jour de la soirée, les associations environnementales en première partie, et la réglementation dans les manifestations. Le Maire introduit le débat en présentant Monsieur Claude-Marie VADROT, journaliste des problématiques d’environnement qui a participé à de nombreuses négociations internationales.
Le débat est introduit par Thierry CHAREYRE qui note les difficultés rencontrées par les associations notamment dans le domaine des financements comme dans celui des bénévoles. Il fait état des actions parfois déstabilisantes de ces dernières menées contre des entreprises dont les productions posent des problèmes au milieu naturel.
Il invite Monsieur Claude-Marie VADROT à prendre la parole. Celui-ci salue l’assemblée et note, en préambule l’importance du contre pouvoir que représentent les associations environnementales, l’agacement qu’elles provoquent tant au niveau des chefs d’entreprises que des responsables politiques et l’importance qu’elles ont dans la démocratie.
La première association est née en 1911 après le massacre, par des parisiens, de 300 à 400 oiseaux dans l’ile de Rouzic en Bretagne. Les scientifiques scandalisés et particulièrement affectés par cette chasse irraisonnée ont sensibilisé la France entière. Cette mobilisation a permis de créer la première réserve naturelle située sur l’archipel des Sept-Iles appartenant à la commune de Perros-Guirec dans les Côtes-d’Armor. C’est donc cette première association qui a montré son utilité et sa force face à l’Etat. Mais l’engagement environnemental remonte à plus loin encore.
En février 1854 un groupe de notable scientifique crée la Société Impériale d’Acclimatation et de Zoologie, constate que le barrage sur la Loire empêche les saumons de remonter le courant et que l’amélioration des armes utilisées impactent le milieu naturel au travers des bovidés chassés. Ce groupe de notable s’aligne aussi avec l’association des forestiers pour combattre la déforestation qui entraîne l’érosion. Mais hélas jamais cette société d’acclimatation n’a été en mesure de grossir. Elle n’a pas notamment empêché la promulgation de la loi sur l’éradication du loup en 1882. La seule chose obtenue par ces Notables, c’est le classement de la scierie dans la forêt de Fontainebleau, un acte esthétique loin des préoccupations environnementales qu’ils portent. Mais aucun parc naturel n’est classé à cette époque « Parcs Nationaux » par l’Etat, seuls des parcs privés existent. C’est seulement à partir de 1960 que commence le classement des parcs nationaux. C’est André MALRAUX qui crée les premiers mais sans aucune pression des mouvements associatifs. Ce retard est dû essentiellement à l’image des notables d’avant guerre et de leur alliance avec les « chemises vertes » des années 1930/1936 qui rassemblent des paysans révoltés contre l’impôt. Une frange rurale très réactionnaire. Un moment de l’histoire qui leur sera longuement reproché notamment pour leur adhésion au Pétainisme de l’époque. C’est alors une longue traversée du désert et il faut attendre les années 1950/1960 pour gommer cette image.
C’est à la fin des années 1960 que le mouvement associatif se mobilise, se constitue parce qu’il est confronté à des difficultés. Ces années étaient celles de la grande pollution des rivières et des fleuves, pollution qui a bien diminué aujourd’hui. Les premières associations qui se sont révoltées sont celles de la pêche à la ligne qui voyaient la diminution des poissons. Les associations se renforcent alors et nous pouvons remarquer que c’est dans les moments difficiles que se renforcent les mouvements associatifs de lutte pour la nature.
En 1969, la fédération France Nature Environnement naît et représente une force de contestation et de propositions. L’environnement fait ainsi son entrée dans le milieu politique. A ce moment là naissent plusieurs associations de type différent : associations anti-nucléaire, les amis de la paix, et apparaissent également deux grands journaux écolo : la ‘’gueule ouverte’’ et le ‘’sauvage’’. La parole se libère et une association de journalistes spécialisés se crée. Durant les années 70, le mouvement associatif monte en puissance et les médias sont disposés à rapporter les informations.
Puis, les premiers écologistes politiques ont subi un traumatisme dans les années 80 parce qu’ils ont été aspiré par la Gauche. Dans les années 90, le mouvement associatif est devenu un milieu contre lequel le pouvoir n’a pas intérêt à trop s’opposer. Les bénévoles ont obtenu de participer à des commissions mais aujourd’hui cela les épuise car elles courent de commission en commission. Cette participation permanente n’est peut-être pas utile.
Les comités de défense rencontrent un autre danger, celui de tomber dans « l’écolo égoïste ». Par exemple, ils sont demandeurs pour avoir un incinérateur ou se débarrasser des déchets mais il faudrait les mettre ailleurs. Leurs objectifs sont d’ordre local et non une défense de la protection de l’environnement sur le plan global.
Enfin, le mouvement associatif est utile, il a contribué à orienter les politiques locales, régionales et de l’Etat. Nous devrions avoir un peu plus de reconnaissance pour ces associations environnementales.
Monsieur le Maire conclut en affirmant que la gestion quotidienne n’est pas simple pour les associations. Cependant, les associations environnementales sont utiles, elles ne sont pas que du vent, elles servent à sensibiliser la conscience des citoyens et des politiques.
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