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Jeudi 17 Mai 2012

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Forum social
21 au 25 novembre 2011

3e débat du Forum Social
1) Les associations environnementales : que du vent ?

Présents

  • Participants : 100 personnes
  • Intervenant : M. Claude-Marie VADROT, journaliste spécialisé dans les questions d’environnement.
  • Modérateur : M. Thierry CHAREYRE, Journaliste à France Bleu
  • Elus
    • M. Serge LEPELTIER, Maire de Bourges
    • M. Pascal BLANC, Maire-Adjoint
    • M. Roland NARBOUX, Maire-Adjoint

Monsieur le Maire ouvre la séance et à l’occasion de cette troisième journée du forum social, il met l’accent sur la participation des deux premières soirées. Il souligne le grand intérêt que les participants ont porté lors des débats sur les thèmes du bénévolat et du sport. Il a noté la grande qualité des interventions des orateurs et des participants.
Il poursuit en indiquant les deux thèmes à l’ordre du jour de la soirée, les associations environnementales en première partie, et la réglementation dans les manifestations. Le Maire introduit le débat en présentant Monsieur Claude-Marie VADROT, journaliste des problématiques d’environnement qui a participé à de nombreuses négociations internationales.

Constats de M. Claude-Marie VADROT

Le débat est introduit par Thierry CHAREYRE qui note les difficultés rencontrées par les associations notamment dans le domaine des financements comme dans celui des bénévoles. Il fait état des actions parfois déstabilisantes de ces dernières menées contre des entreprises dont les productions posent des problèmes au milieu naturel.
Il invite Monsieur Claude-Marie VADROT à prendre la parole. Celui-ci salue l’assemblée et note, en préambule l’importance du contre pouvoir que représentent les associations environnementales, l’agacement qu’elles provoquent tant au niveau des chefs d’entreprises que des responsables politiques et l’importance qu’elles ont dans la démocratie.
La première association est née en 1911 après le massacre, par des parisiens, de  300 à 400 oiseaux dans l’ile de Rouzic en Bretagne. Les scientifiques scandalisés et particulièrement affectés par cette chasse irraisonnée ont sensibilisé la France entière. Cette mobilisation a permis de créer la première réserve naturelle située sur l’archipel des Sept-Iles appartenant à la commune de Perros-Guirec dans les Côtes-d’Armor. C’est donc cette première association qui a montré son utilité et sa force face à l’Etat. Mais l’engagement environnemental remonte à plus loin encore.
En février 1854 un groupe de notable scientifique crée la Société Impériale d’Acclimatation et de Zoologie, constate que le barrage sur la Loire empêche les saumons de remonter le courant et que l’amélioration des armes utilisées impactent le milieu naturel au travers des bovidés chassés. Ce groupe de notable s’aligne aussi avec l’association des forestiers pour combattre la déforestation qui entraîne l’érosion. Mais hélas jamais cette société d’acclimatation n’a été en mesure de grossir. Elle n’a pas notamment empêché la promulgation de la loi sur l’éradication du loup en 1882. La seule chose obtenue par ces Notables, c’est le classement de la scierie dans la forêt de Fontainebleau, un acte esthétique loin des préoccupations environnementales qu’ils portent. Mais aucun parc naturel n’est classé à cette époque « Parcs Nationaux » par l’Etat, seuls des parcs privés existent. C’est seulement à partir de 1960 que commence le classement des parcs nationaux. C’est André MALRAUX qui crée les premiers mais sans aucune pression des mouvements associatifs. Ce retard est dû essentiellement à l’image des notables d’avant guerre et de leur alliance avec les « chemises vertes » des années 1930/1936 qui rassemblent des paysans révoltés contre l’impôt. Une frange rurale très réactionnaire. Un moment de l’histoire qui leur sera longuement reproché notamment pour leur adhésion au Pétainisme de l’époque. C’est alors une longue traversée du désert et il faut attendre les années 1950/1960 pour gommer cette image.
C’est à la fin des années 1960 que le mouvement associatif se mobilise, se constitue parce qu’il est confronté à des difficultés. Ces années étaient celles de la grande pollution des rivières et des fleuves, pollution qui a bien diminué aujourd’hui. Les premières associations qui se sont révoltées sont celles de la pêche à la ligne qui voyaient la diminution des poissons. Les associations se renforcent alors et nous pouvons remarquer que c’est dans les moments difficiles que se renforcent les mouvements associatifs de lutte pour la nature.
En 1969, la fédération France Nature Environnement naît et représente une force de contestation et de propositions. L’environnement fait ainsi son entrée dans le milieu politique. A ce moment là naissent plusieurs associations de type différent : associations anti-nucléaire, les amis de la paix, et apparaissent également deux grands journaux écolo : la ‘’gueule ouverte’’ et le ‘’sauvage’’. La parole se libère et une association de journalistes spécialisés se crée. Durant les années 70, le mouvement associatif monte en puissance et les médias sont disposés à rapporter les informations.
Puis, les premiers écologistes politiques ont subi un traumatisme dans les années 80 parce qu’ils ont été aspiré par la Gauche. Dans les années 90, le mouvement associatif est devenu un milieu contre lequel le pouvoir n’a pas intérêt à trop s’opposer. Les bénévoles ont obtenu de participer à des commissions mais aujourd’hui cela les épuise car elles courent de commission en commission. Cette participation permanente n’est peut-être pas utile.

Les comités de défense rencontrent un autre danger, celui de tomber dans « l’écolo égoïste ». Par exemple, ils sont demandeurs pour avoir un incinérateur ou se débarrasser des déchets mais il faudrait les mettre ailleurs. Leurs objectifs sont d’ordre local et non une défense de la protection de l’environnement sur le plan global.

Enfin, le mouvement associatif est utile, il a contribué à orienter les politiques locales, régionales et de l’Etat. Nous devrions avoir un peu plus de reconnaissance pour ces associations environnementales.

Contenu des échanges

  • Comment en tant que Ministre de l’Ecologie, arrive-t-on à écouter cette parole du monde associatif avec ses camarades des autres ministères ?
  • Serge LEPELTIER :
    Un ministre défend le secteur qu’il représente. Par exemple, le sujet de la Charte de l’environnement a été envasé par les Parlementaires. Mon premier travail a été de voir les parlementaires un par un et ensuite s’adresser à l’Elysée pour en convaincre certains. A la fois, il y a cette écoute envers les associations tout en maintenant un équilibre avec le gouvernement. Aujourd’hui, le ministre de l’Ecologie a plus de poids à l’aide de ses plusieurs fonctions (transports, logement, etc.).
    Enfin, il y a des lobbies dans tous les secteurs et il faut les assumer. Mais à un moment donné, le politique doit être courageux pour justement arbitrer par rapport à tous ces intérêts qu’on vous présente. Des polémiques ont lieu, c’est normal. Tout ça est complexe mais c’est comme ça que l’on peut avancer. Cependant, le Ministre de l’Ecologie a besoin d’être appuyé par le Premier Ministre et par le Président de la République.
  • Aujourd’hui les associations mettent les gros problèmes sur la table que ce soit au niveau local ou national, qu’en pensez-vous ?
  • Claude-Marie VADROT :
    Maintenant, il y a une transparence et tout le monde s’habitue. Tous les rapports sont publics. Les informations sont accessibles sur internet.
    Il faut savoir que France Nature Environnement a collaboré à l’élaboration de la loi sur la protection de la nature promulguée en 1976 par Giscard d’Estaing. Les ministres ont besoin des associations et inversement.
  • Quelles sont les priorités en matière environnementale ?
  • Coordinatrice de Nature 18 :
    Elle fait remarquer que les associations environnementales sont peu connues du public. En outre, elles connaissent un manque de bénévoles. Concernant la gestion, les commissions administratives sont beaucoup trop nombreuses et épuisent les dirigeants associatifs. Un nouveau problème se pose : la réforme de la représentativité et des agréments des associations de protection de la nature et de l’environnement. En effet, la loi va être modifiée et les associations seront représentatives à partir d’un nombre de membres arrêté par la Préfecture.
    De même, notre association ne se fait pas entendre parce qu’elle n’est pas une association coup de poing et n’a donc pas sa place dans les médias.
  • Claude-Marie VADROT :
    Les associations WWF et Greenpeace font peu de communication. Il faut aussi que les associations rajeunissent, il y a un manque de cadres. Le pouvoir est entre vos mains !
    Prenez l’exemple de France Nature Environnement avec leur campagne d’affiches « choc » lors du salon de l’agriculture. C’est quelque chose qu’ils ont appris à faire.
  • Membre de Nature 18 :
    Concernant les participations aux commissions, les débats des dossiers sont de plus en plus épineux. Notre nombre de voix n’est pas suffisant et nous avons l’impression de servir de caution aux décisions prises.
  • Serge LEPELTIER :
    La participation des associations est nécessaire dans les commissions. Je suis conscient que le nombre est important, c’est donc difficile. Il faut en effet se poser la question.

 

Monsieur le Maire conclut en affirmant que la gestion quotidienne n’est pas simple pour les associations. Cependant, les associations environnementales sont utiles, elles ne sont pas que du vent, elles servent à sensibiliser la conscience des citoyens et des politiques.

 

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