
En Haute-Marne, la coutellerie se développe à partir du Moyen Age.
Cette activité est due à la présence de minerai de fer dans le sol.
D'abord implantée à Langres, cette spécialité se développe à Nogent à partir
du 17e siècle avec l'arrivée d'artisans langrois souhaitant s'installer à leur
compte.
« Nogent-les-Couteaux » connaît son apogée au 19e siècle. La ville accueille
une quinzaine d'usines. Cependant, l'activité repose en grande partie sur des artisans travaillant à domicile
dans les villages alentours. Ceux-ci maîtrisent toutes les étapes de leur travail.
A la même période, Thiers (Puy-de-Dôme) amorce une parcellisation du travail : la
réalisation d'une pièce peut nécessiter le recours à une vingtaine d'ouvriers
affectés à des tâches uniques et répétitives.
Les artisans nogentais livrent leur production à des maisons de commerce, telle Guillemin-Renaut,
qui diffusent les articles dans le monde entier. Ils signent rarement leur travail. Les marques apposées
sur les lames sont plus souvent celles des diffuseurs (G.R. pour Guillemin-Renaut), des clients (« Faure » à Vichy)
ou la simple indication de la provenance (« Nogent »). Ainsi, le même modèle
de couteau, s'il est destiné à deux magasins différents va porter des marques
différentes.
Il est donc aujourd'hui bien difficile d'identifier « du Nogent » parmi des pièces
anciennes !
A partir de la seconde moitié du 19e siècle, l'activité coutelière évolue.
Les machines outils et une organisation du travail de plus en plus spécialisée
prennent le pas sur un artisanat individuel.
Aujourd'hui, le bassin de Nogent regroupe plus de soixante entreprises de transformation du métal
organisées en filières : coutellerie mais aussi forgeage, usinage, estampage...
Nogent est particulièrement présent dans le domaine médical avec des instruments
de chirurgie et des prothèses.