
C’est en 1920 qu’Henri Laudier
propose la création d’un jardin
sur les terres marécageuses des
moyennageux "Pretz Fichault".
Les moines Ambroisiens y psalmodiaient et y cultivaient le
chanvre. Le maire de Bourges
fraîchement élu veut embellir l’entrée
de ville et en faire un jardin
public. Une idée farfelue à l’orée
des années folles et au sortir du
premier conflit mondial, alors que
les Berruyers réclament bec et
ongles un mieux social, des toits
pour les écoles, l’augmentation
de la prime natalité…
Laudier s’enlise dans ce trou
béant aux sens propre et figuré,
et sème une décennie de travaux
controversés et laborieux. "Le
gouffre des Prés fichaux" pestent
et pétitionnent les Berruyers
dès 1921. Envers et contre tous,
le premier magistrat s’accroche
aux branches… futures.
La première ébauche végétale
inspirée des jardins d’Angleterre
file à l’anglaise. Le paysagiste
Paul Margueritat revoit prestement
sa palette et dessine au
cordeau les lignes classiques et
anguleuses d’un écrin à la Française
célébrant l’art topiaire.
De Paris, Laudier ramène des
sculptures ornementales : le
pêcheur de Dalou, deux vases
monumentaux de six mètres de
haut…
L’ardoise est colossale, les
moyens techniques tout aussi
grandioses : Cent mille mètres
cubes de terre et de remblais
et des centaines de mètres de canalisations souterraines.
C’est un
des fleurons de la ville, inscrit à l’inventaire supplémentaire des
monuments historiques en 1990.
Chaque "été à Bourges", les Berruyers prennent
place dans le théâtre de verdure,
où, il y a longtemps déjà, la
musique avait investi les romantiques
bosquets. Music hall, fanfare,
folklore… En 1948, la môme
Piaf emporta la foule, avec les
Compagnons de la chanson.
Le 22 juin 1930, les Berruyers
avaient boudé la visite officielle…
Mais sous la magie des feux
d’artifice, les quatre hectares et
demi de ce petit coin de ville ont
séduit. Bon anniversaire…