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Accessoires de mode : pour en savoir plus

Les accessoires accompagnent l'évolution de la silhouette et des mœurs

Les premiers vêtements étaient constitués de pièces de fourrure. Cette première étoffe était une protection contre le froid, mais on peut également penser qu'elle permettait aux chasseurs d'endosser la force de l'animal tué. Vêtements et accessoires ont ensuite, au cours des millénaires, évolué en fonction des besoins et des modes de vie des civilisations.
Les romains portent des tuniques et des toges drapées, tandis que les barbares, peuples cavaliers, portent des pantalons.
Des groupes sociaux peuvent également se créer des silhouettes distinctives. Sous le Directoire (1795 – 1799), les Incroyables et les Merveilleuses, après la terrible période de la Terreur versent dans l'excès vestimentaire : les hommes portent notamment d'énormes cravates et des habits à revers proéminents.
Chez la femme, l'abandon des accessoires va de pair avec la libération des mœurs à partir du début du 20e siècle. Le chapeau « cloche », facile à porter, est indissociable de la silhouette de la garçonne des années 1920, qui commence également à abandonner le corset. Plus près de nous, en empruntant des éléments du vestiaire masculin, comme le chapeau, la femme introduit une ambiguïté sexuelle.

citoyenne révolutionnaire - Collections des musées de Bourges, 1860.1.180.La citoyenne révolutionnaire arbore une tenue pratique, loin des falbalas de la cour d'Ancien Régime : robe à mi-mollet, chapeau à bord court. Elle affiche également sa combativité et ses valeurs avec sa pique et les trois couleurs nationales ornant ceinture, revers, poignet et chapeau.

 

corset - Collections des musées de Bourges, 1860.1.239La mode des années 1830 impose une silhouette à la taille extrêmement marquée : les corsets doivent contraindre les corps. Les rubans accentuent le raffinement de la silhouette. La coiffure constituée de boucles et de coques est piquée de fleurs ou de plumes. Cette mode impose aux femmes une vie sédentaire où un temps considérable est consacré à la toilette.

Les accessoires : des marqueurs sociaux

Aucune civilisation n'accepte la nudité. Même dans les groupes où n'existe aucune obligation de protection contre le froid, les corps sont peints, scarifiés, tatoués… Le vêtement est ainsi une marque propre à l'humanité qui la différencie des animaux. Ses accessoires, par leur emploi souvent purement ornemental, ont ainsi un usage avant tout social. Il marque l'appartenance à une condition sociale, un métier, un mouvement de jeunes… Ainsi le roi se signale par son sceptre et son fou par un vêtement bariolé où le jaune domine. Cette couleur des parias, sous la forme d'une étoile, sera d'ailleurs utilisée par les Nazis pour « marquer » les Juifs. De nos jours, les cuisiniers portent une toque, les facteurs une casquette ou un béret orné d'un logo, les boulangers un calot… Les jeunes, dans une volonté de s'émanciper de la société, détournent vêtements et accessoires : les hippies adoptent textiles et silhouettes d'autres cultures, les punks portent épingles à nourrices aux oreilles et collants déchirés.

homme sauvage - Collections des musées de Bourges, 1863.26.1. Au 15e siècle, l'homme sauvage, en dehors de toute civilisation, est représenté simplement couvert de poils. Ainsi, la parure apparaît bien comme synonyme de l'appartenance à un groupe social.

 

19e siècle - Collections des musées de Bourges 1860.1.236.Dans cette scène de rue, au 19e siècle, les accessoires portés par les protagonistes nous permettent de les identifier comme ouvriers ou artisans : blouses, tablier, gilet porté sans veste. A l'inverse, l'homme au second plan à gauche appartient à une classe sociale plus élevée : il porte une redingote, un chapeau haut-de-forme et une canne.

Les sources d'inspiration

Comment naissent les accessoires ? Comme tous les créateurs, les artisans de l'élégance relisent inlassablement l'histoire, s'inspirent des cultures étrangères ou tout simplement de la nature. D'autres prennent un malin plaisir à détourner et mélanger les matières et les techniques ou à jouer la provocation. Au tout début du 19e siècle, une mode « antiquisante » bouleverse les apparences. Les femmes portent des robes très légères, resserrées sous la poitrine. Elles sont coiffées de bonnets simples ou nouent des rubans dans leurs cheveux. Turban, châles aux motifs cachemires, tissus d'indiennes… Avec la découverte de nouveaux mondes et l'intensification des échanges, l'Europe adopte au 18e siècle des vêtements et accessoires venus du bout du monde. Cette forme d'inspiration est toujours d'actualité avec le port par exemple, du keffieh, coiffe traditionnelle de la péninsule arabique que les adolescents portent autour du cou. Dans les années 1960, le couturier Paco Rabanne a l'idée de détourner des matériaux de leur usage premier. Il confectionne ainsi des « vêtements » en métal, abandonnant aiguille et fil au profit de la pince à riveter et du fer à souder !

mode antique - Collections des musées de Bourges 1860.1.46.A partir du 18e siècle, la France se passionne pour les découvertes archéologiques effectuées en Italie. La découverte de l'art antique inspire les couturiers et à la charnière entre le 18e et le 19 siècle, une mode à l'Antique s'impose, révélant une silhouette fluide et élancée.

 

ménagerie - Collections des musées de Bourges, 1860.1.198La nature est très présente dans les accessoires des années 1830. Sur ce dessin humoristique, les personnages féminins portent des chapeaux richement décorés de plumes et une écharpe en fourrure.