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Histoire de la dentelle

Dentelle : tissu sans trame ni chaîne, généralement en fil de lin, soie, nylon ou fibres plus riches selon les cas, exécuté par les dentelliers(ères) à la main ou à la machine, à l'aide de points semblables ou non formant un dessin, à bords dentelés ou non.

S’il n'existe aucune information précise des dates et lieux originels de la dentelle, il est admis qu'elle a vu le jour au XVIe siècle. Elle est née de préoccupations d'hygiène, mais aussi d’une recherche de luxe et d’élégance. En effet, la chemise devient visible dans l’encolure. Ses fronces sont maintenues par une passementerie de lin que l'on peut découdre facilement lors d'une lessive. La dentelle est désignée comme « passementerie », en 1545, dans l'inventaire de la dot de la sœur de François Ier.
A l’origine apanage des hommes, la dentelle est aussi utilisée par les femmes au XVIIe siècle.
Colbert interdit l’importation de dentelles de Flandre ou d’Italie, en 1665, pour des raisons économiques. Pour faire face aux demandes croissantes, il crée des manufactures royales dans de nombreuses villes : Alençon, Sedan… Il protège ces nouvelles industries de la concurrence étrangère par des droits de douane prohibitifs. La Révolution a provoqué beaucoup de fermetures de manufactures royales dont celle d’Agen. Pour autant, la dentelle est toujours présente au XIXe siècle, période à laquelle Napoléon Ier la réserve au vêtement féminin.
Au cours des siècles, de nombreuses régions produisent de la dentelle (Normandie, Franche-Comté…). Mais, à l’orée de la révolution industrielle, la Haute-Loire et le Nord-Pas-de-Calais, dont le savoir-faire est le fruit d'une tradition manuelle séculaire, réussissent à s'adapter à l'évolution mécanique.
C'est en 1809, dans les environs de Nottingham (Grande-Bretagne), que John Heathcoat, jeune mécanicien, invente le premier métier à tulle, composé d'un système à bobines et chariot. Le brevet est rapidement déposé. Les douanes françaises de l'époque ne permettent pas le commerce avec l'Angleterre : cela n'empêche pas l'exportation illégale des métiers. Ce qui explique leur concentration dans le Nord-Pas-de-Calais. Saint-Pierre-lès-Calais a été la première ville à posséder un métier mécanique, suivie par Caudry en 1820.
En France, Eugène Malhère, ingénieur à Condé-sur-Noireau dans le Calvados, invente le métier circulaire à dentelle équipé d’un appareil à disques. En 1886, il présente le premier métier à tisser à fil à l’Exposition Universelle de Paris en 1889.
De nos jours, la Haute-Loire et le Nord-Pas-de-Calais restent les deux grandes régions de la dentelle en France. La Haute-Loire compte une dizaine d'entreprises d'une centaine de salariés, possédant cent à cent-cinquante métiers qui datent en majorité des années 1920 et 1930 et peuvent être composés de trente-deux à quatre-vingt seize fuseaux.
La dentelle est avant tout une matière première destinée à entrer dans la composition d'un produit fini. L'industrie du vêtement en est donc le premier acheteur ; au premier chef, les maisons de haute couture mettent en œuvre ces produits raffinés.