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Quelques éléments d'histoire du livre

Le livre dans tous ses étatsDu papyrus de l’Égypte antique au parchemin des manuscrits médiévaux enluminés, du volumen, livre en rouleau, au codex, livre sous la forme occidentale que nous connaissons aujourd’hui, l’homme a toujours écrit.

Écriture monastique et « livre à la main »
Du VIe siècle à l’invention de l’imprimerie, les moines copistes sont les principaux artisans du livre. Chaque monastère est doté d’un scriptorium, salle réservée à l’écriture. Le livre religieux reste le domaine majeur de la production de livres jusqu’à la fin du moyen-âge. Toutefois, les moines recopient aussi des textes juridiques, des œuvres de l’antiquité classique en latin, des grammaires, des traités…

Dès le XIVe siècle, l’essor des universités et le développement des villes génèrent un besoin croissant d’ouvrages et entraînent une véritable transformation des métiers du livre qui se structurent alors dans des corporations laïques indépendantes les unes des autres : parcheminiers, copistes, enlumineurs, relieurs… L'alphabétisation se développe, l'écrit progresse à tous les niveaux. Usages et objets du livre se diversifient.

L’évolution de la société nécessite de reproduire rapidement les livres. Ainsi après des siècles de copie manuscrite, arrive l’invention de l’imprimerie qui, automatisant la reproduction, accélère notablement la production de livres.

Livre d’apparat

Chez les princes et les grands seigneurs, les livres sont en général des ouvrages de divertissement ou de dévotion, mais leur fonction dépasse la simple lecture : ils sont aussi des ornements, des signes d'appartenance à la société la plus raffinée ; ils manifestent de façon ostentatoire la richesse et le faste, avec leurs enluminures, leurs reliures en peaux coûteuses, en tissu de la plus grande finesse, en métaux précieux.

Support essentiel durant le moyen-âge en Occident, le parchemin, matière solide, à base de peaux de veau, de mouton ou de chèvre lavées et polies à la pierre ponce, facile à plier pour obtenir le format souhaité, permet d’écrire des deux côtés. Les feuillets sont réunis et assemblés en cahiers pour former le codex.

A partir du XIe siècle, le papier s’est introduit en Occident par les Arabes. Deux fabriques de papier voient le jour en France, à Troyes en 1348 et à Essonnes en 1354. Jusqu'au début du XIXe siècle, le papier est fabriqué à la main, à partir de chiffons de lin et de chanvre et les feuilles sont produites une à une à la forme.
Puis, pour des raisons économiques et de rareté de la matière première face à la demande croissante de papier, sa fabrication artisanale fait place à la production industrielle ; le bois se substitue au chiffon. Moins coûteux que le parchemin, facile à produire en tout format et en toute qualité, l’usage du papier se généralise, favorisant le développement de l’imprimerie et la diffusion la plus large des textes et du savoir.