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Le métier de vannier

fafotsLe vannier, étymologiquement, est l'artisan qui crée le van, grand panier plat à anses utilisé après le battage pour séparer le grain de sa balle. Cependant, le terme de vannerie englobe de nombreuses réalisations reposant sur l'entrelacement de végétaux.

Une activité ancienne

La vannerie, par l'emploi de nombreuses plantes, permet de créer des objets aux multiples fonctions. Selon son environnement, il a utilisé une multitude de plantes : paille de céréale, jonc, clématite, châtaignier... Il a ainsi d'abord existé une vannerie domestique, réalisée en fonction des besoins immédiats : portage, cueillette, élevage, protection, rangement, jeu, mobilier...

Un métier reconnu

Puis, ce savoir-faire est devenu un véritable métier dont les premiers statuts datent de 1467. Au 19e siècle, à l'apogée de cette activité, plusieurs zones de productions existent : Paris, la Meuse, la Haute-Marne, la Touraine, la Thiérache (Aisne), la Normandie et la basse vallée du Rhône. On y crée des articles en série en utilisant majoritairement l'osier. Au début du 20e siècle, on compte 40 000 vanniers en France. Cependant, ce secteur est concurrencé à partir de l'entre-deux guerre par l'usage d'autres emballages moins coûteux et l'importation d'articles.

Le rotinier

L'emploi du rotin en Europe est quant à lui plus récent. En effet, c'est à la fin du 17e siècle qu'il est importé par les Anglais et les Hollandais. On l'utilise d'abord pour le cannage des sièges. Puis à partir du Second Empire, on crée des meubles cannés à structures de rotin. Après avoir été enseigné à l'Ecole Nationale de Vannerie et d'Osiériculture de Faÿl-Billot (Haute-Marne), ce métier tend aujourd'hui à disparaître en France.

Un savoir faire d'ajourd'hui

Le vannier d'osier peut récolter sa matière première dans son oseraie, puis la travailler dans son atelier. Son travail a été peu touché par la mécanisation et demeure avant tout manuel. Le rotinier, quant à lui, achète des végétaux importés qu'il met en forme après chauffage.

La culture de l'osier

Le vannier d'osier peut acheter sa matière première ou la cultiver, il est alors osiériculteur-vannier. L'osier appartient au genre Saule (Salix) de la famille des Salicinées. L'osiériculteur-vannier cultive souvent plusieurs variétés d'osiers qu'il sélectionnera plus tard en fonction de l'ouvrage à réaliser. Les oseraies sont implantées dans des terrains humides, à partir de boutures. La coupe est effectuée chaque hiver. L'osier en botte est mis à reposer dans un bassin d'eau. Il repart alors en végétation et produit des feuilles et des racines. C'est à ce moment-là, au mois de mai ou juin, qu'il est écorcé mécaniquement afin d'obtenir de l'osier blanc. Après un court séchage en plein air, il est stocké jusqu'à son utilisation.

Un brin de doigté

Avant son emploi, l'osier est mis à tremper pour le rendre souple. Le vannier travaille sur un plancher légèrement surélevé. Il met en oeuvre l'osier entier, fendu dans la longueur en quartiers ou coupé en éclisses (lamelles). Si ses mains sont ses principaux outils de travail, il utilise aussi quelques instruments pour couper ou tailler les brins, tasser son ouvrage, le mesurer... Son savoir-faire repose sur sa capacité à choisir son osier, la connaissance des différents « points de travail » (les types d'entrelacement des brins), la régularité d'exécution.

Le travail du rotin

Le rotinier utilise comme matière première des rotins (en particulier Calamus et Démonorops) importés d'Extrême-Orient. Ces végétaux ont la propriété, après chauffage, de se ramollir et ainsi de pouvoir devenir la structure de meubles. Cet artisan devra ensuite les garnir avec du rotin sous forme de joncs ou d'éclisses ou de moelle.

La vannerie au présent

La vannerie française produit aujourd'hui des articles de qualité pour le commerce, la boulangerie ou la décoration. La réussite au concours Un des Meilleurs Ouvriers de France est l'occasion pour le vannier d'être reconnu par ses pairs et de valoriser son activité.

Le secteur de la vannerie

On compte aujourd'hui 150 vanniers professionnels en France. La majorité d'entre eux est associée à deux coopératives implantées à Villaines-les-Rochers (Indre-et-Loire) et Bussières-les-Belmont (Haute-Marne). La production nationale ne représente que 2% du marché français. Actuellement, les vanneries françaises sont majoritairement destinées aux commerces agroalimentaires : présentoirs, agencement de magasins, panification et manutention du pain. Cependant, depuis quelques années, les vanniers explorent de nouveaux domaines vers la décoration intérieure, l'aménagement de jardins, le tressage d'osiers vivants...

Formation

L'Ecole Nationale de Vannerie et d'Osiériculture a été créée en 1905 à Faÿl-Billot (Haute-Marne). Avec d'autres établissements d'enseignement, elle prépare à des diplômes de niveau V. Mais, on peut aussi s'initier à la vannerie d'osier à tous les âges grâce à de nombreux stages organisés notamment dans cette école ou à la Coopérative de Villaines-les-Rochers.

Le concours Un des Meilleurs Ouvriers de France

Pour les vanniers, cette épreuve est l'occasion de montrer qu'ils possèdent la maîtrise de leur métier. Depuis 1924, 35 professionnels ont été distingués dans les options vannerie d'osier et rotin. Aujourd'hui les épreuves consistent en l'exécution d'articles selon des plans cotés et la réalisation d'une oeuvre de création. A l'occasion du 22e concours Un des Meilleurs ouvriers de France (2003-2004), les candidats devaient réaliser, pour la première option : une corbeille en papier en croisé double, un panier rustique ovale et au choix une malle de voyage ou un panier à linge. Les rotiniers devaient réaliser un berceau à flèche. Dans les deux catégories, l'épreuve libre consistait en la création d'un objet lié à l'éclairage.