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Quatre générations de meilleurs ouvriers de France

A la fin du 19e siècle, la coutellerie fait travailler 10 000 personnes autour de Nogent.

Emile MargauxEmile Margaux (1855 - 1935), fils de berger, apprend le métier dans divers ateliers avant de fonder le sien en 1881 à Biesles. Il passe le concours MOF en 1924, à l'âge de 59 ans, en même temps que son fils. Gaston MargauxGaston Margaux travaille, comme son père, pour l'entreprise Pernet jusqu'à la crise économique de 1929. A cette période, faute de commande, il se reconvertit en épicier ambulant.
Paul DrouhinSon neveu, Paul Drouhin (1905 - 1989), grandit au sein de cette famille de couteliers. Il souhaite étudier à l'Ecole Normale, mais son père décède sur le front en 1918. Il est alors contraint d'intégrer l'atelier familial à treize ans. En 1927, il s'installe à Nogent. Il travaille principalement pour Louis Pernet et Maurice Pazery qui exportent la coutellerie française à Londres. Depuis les débuts de sa formation il cumule les récompenses, mais ce n'est qu'en 1955 qu'il tente et obtient le titre MOF.
Emile DrouhinEmile, son fils, naît en 1930. Il apprend naturellement le travail auprès de son père. Il obtient dès l'âge de 28 ans, le titre de MOF. Aujourd'hui, Emile Drouhin continue de travailler dans sa "boutique", modeste atelier au fond du jardin. Dans la tradition familiale, il propose des articles pour fumeurs, des canifs ongliers, des outils de bureaux et des crans d'arrêt. Ses créations sont majoritairement diffusées par des marques de luxe en France, en Italie et au Japon.

"Le donneur"

Traditionnellement, les couteliers nogentais travaillaient dans leur atelier mais dépendaient entièrement d'un commanditaire, appelé familièrement "le donneur". Celui-ci fournissait les matières premières et commercialisait leurs productions. Les artisans n'apposaient donc pas leur marque sur les lames. Ainsi, même lorsque Emile et Gaston Margaux réussissent le concours "MOF" en 1924, ils le font pour le compte de la maison "Eloi - Pernet" qui conserve leurs oeuvres. En revanche, Paul Drouhin en 1955 et son fils Emile en 1958 remportent le concours à titre individuel.
Leurs oeuvres de concours sont donc demeurées dans la famille. Ils sont de plus autorisés à apposer leur marque "PDE" pour "Paul Drouhin Emile" sur leurs créations.