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La taxidermie et le témoignage des espèces rares et disparues

L’art de la taxidermie a permis de conserver des espèces aujourd’hui totalement disparues. C’est le cas du fameux Pigeon migrateur américain (Ectopistes migratorius).

D’autres espèces, si elles existent encore sont souvent mieux connues par les spécimens des muséums que dans la nature. C’est le cas du Kouprey (Bos sauveli), bœuf cambodgien dont l’unique spécimen naturalisé est … à Bourges !

Autre cas, un oiseau, le Polochion sombre (Philemon fuscicapillus), dont un peu plus de 70 spécimens ont été retrouvés dans 24 collections du monde (dont celles du Muséum de Bourges). Il est très mal connu : aucune photographie d’un animal vivant n’existe.

Les témoignages d’espèces rares gardés dans les Muséums sont précieux en attendant l’espoir de les retrouver vivants.

Ces spécimens, outre leur valeur inestimable de témoin, peuvent encore servir à des recherches, montrant qu’ils ont toujours un rôle scientifique à jouer. Ils apportent des informations sur la répartition des espèces, sur leur biologie et parfois même sur leurs parasites. L’ADN contenu dans les os longs des montages est exploitable et des phylogénies peuvent être établies. Contrairement à une idée répandue, les grands Muséums (Museum national d’histoire naturelle, American natural history museum,…) ne possèdent pas toutes les espèces existantes et beaucoup d’espèces ne sont représentées que par un ou deux spécimens.

Quand de longues séries existent, on s’aperçoit vite que des données sur certaines régions, l’âge ou le sexe manquent. Une estimation donne pourtant 9 millions d’oiseaux conservés dans le monde, pour ne prendre que ce groupe. Certains scientifiques pensent même que sur les 9000 espèces d’oiseaux répertoriées, seulement 0,5% d’entre elles sont suffisamment représentées pour envisager des études approfondies.

La pratique de la taxidermie permet ainsi de mieux connaître les espèces et contribue à son niveau à mieux les protéger.