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Quelques éléments d'histoire de la taxidermie

La taxidermie est bien distincte de la momification ou de l’embaumement que ce soit par les techniques de préparation, le contexte et le rôle attribué aux spécimens naturalisés.

Depuis le XVIe siècle, les termes embaumé, empaillé, bourré ou desséché sont d’usage pour désigner le fait de conserver la peau d’un animal.

Le mot taxidermie apparaît pour la première fois en 1803 dans le Nouveau Dictionnaire d’Histoire Naturelle, sous la plume de Louis Dufresne, Aide-naturaliste au Muséum de Paris. Au cours des siècles, la définition de la taxidermie va évoluer en même temps que l’histoire naturelle. A la fin du XIXe, le naturaliste (1845) se substitue au taxidermiste, à l’empailleur, ou au préparateur.

Les mots naturaliser (1874) et naturalisation (1907) apparaissent pour traduire l’idée de redonner « l’apparence de la vie » aux animaux préparés. De nos jours, on parle d’animaux naturalisés.

Les premières évocations de collections sont liées aux cabinets de curiosité de la Renaissance.

Les propriétaires, souvent des nobles curieux, exhibent leurs richesses et la diversité des Naturalias pour émerveiller leurs contemporains : soit des fragments imputrescibles d’espèces, plumes, becs, crânes, os, dents, cornes, sont exposés, soit l’animal entier conservé dans des fioles remplies d’alcool.

Les spécimens montés avec des techniques rudimentaires par ces naturalistes en dentelles se conserveront fort mal.

Au XVIIIe siècle, les collections se développent avec la multiplication des cabinets d’histoire naturelle. Inspirés par l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert (1751-1772), l'Histoire Naturelle de Buffon et Daubenton (1749) et le Systema Naturae de Linné (1735), ces collections servent à décrire et inventorier la nature.

La constitution et la conservation de ces collections sont un réel enjeu pour les naturalistes qui vont alors partager leurs expériences et leurs techniques de préparation dans des manuels comme celui de Réaumur, considéré comme le fondateur de la taxidermie en France.

Les peaux sont tannées ou séchées au four, puis grossièrement bourrées de différents matériaux afin de redonner un certain volume. Il n’est pas encore porté de réelle attention aux dimensions et à la posture naturelle de l’animal. Tout au long du XIXe siècle, âge d’or de la taxidermie, les montages vont progressivement se rapprocher de visions naturalistes : les oiseaux déploient leurs ailes, les prédateurs capturent leur proie et des scènes intimistes montrent la vie des espèces. La taxidermie évolue vers des supports plus naturels, le perchoir blanc se transforme en branche et le socle se couvre de gravier ou de mousse.

Les premiers dioramas arrivent en France en 1950. Les spécimens sont mis en scène dans des décors reconstitués avec minutie, les fonds peints et l’éclairage replacent l’animal au sein de son environnement naturel.