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Les matériaux utilisés

L’animal est dépouillé. Sa peau va subir différents traitements : elle sera tout d’abord amincie, tannée, puis bourrée ou montée sur un mannequin pour donner une forme au spécimen. C’est la pose finale des yeux en verre qui donnera l’illusion de la vie. Ces étapes de préparation vont se modifier aux cours des siècles, au gré de l’évolution des matériaux, des techniques et du savoir-faire des taxidermistes.

Travailler la peau

Le tannage dérive du mot ‘tan’, une poudre astringente produite à partir d’écorces de sumac ou de châtaignier, mais plus généralement de chêne. Au XVIIIe siècle, les recettes de tannage emploient des plantes connues pour leurs pouvoirs naturels tannant, astringent ou bactéricide. L’idée est de préserver les peaux des attaques des insectes, en leurs conférant une odeur forte, suave, caustique, ou un goût âcre, amère ou toxique. Les naturalistes associent volontiers des substances caustiques comme l’alun à des composés toxiques comme l’arsenic ou le mercure. Il faut attendre le XIXe siècle pour qu’apparaisse des substances toxiques plus efficaces. Ces « préservatifs » se présentent sous des formes variées d’applications, que ce soit des bains où les peaux vont macérer ou des liqueurs, poudres et autres vernis appliqués à l’intérieur et à l’extérieur du spécimen.L’apothicaire messin, Jean-Baptiste Bécoeur (1718-1777) met au point vers 1750 un nouveau procédé préservatif : le savon arsenical. Sa composition, longtemps tenue secrète, sera dévoilée bien après sa mort par Louis Dufresne dans le Traité élémentaire et complet d’ornithologie de Daudin (1800). Ainsi « empoisonné », le spécimen était assuré d’être conservé longtemps. Le savon de Bécoeur, très toxique, a fortement contribué à la pérennité des collections naturalisées.

Donner une forme

Il existe différentes techniques pour remplacer le squelette. Pour les spécimens de petite et de moyenne taille, une armature en fil de fer est insérée dans la peau qui est ensuite progressivement bourrée pour redonner le volume. Les matériaux constituant le bourrage sont très variés et souvent choisis en fonction de la taille de l’animal à préparer.

Pour les grands spécimens, l’armature trop frêle, est délaissée au profit d’un corps factice, appelé mannequin, sur lequel la peau sera apposée. Le mannequin est réalisé à partir des mesures faites sur l’animal mort. Il comprend une planche, représentant la silhouette, où viennent s’insérer des fers robustes pour les membres, la tête et la queue. Le corps prend forme à mesure que s’appliquent les couches successives de bourrage, en paille ou frison. Au final, le mannequin est recouvert par une couche de plâtre modelé, façonné, puis taillé afin de restituer son anatomie, sa musculature et son attitude naturelle.

Aux XVIIIe et XIXe siècles, la fabrication « des yeux artificiels » reste un thème à part dans les manuels des préparateurs car leur réalisation requiert une dextérité certaine et une connaissance des métiers de la fonte du verre. Les taxidermistes se fournissent le plus souvent auprès d’artisans émailleurs ou de marchands-naturalistes. Les yeux sont fixés au moyen de gomme arabique, de colles d’origine animale se présentant sous forme de gélatine, comme la colle de poisson.