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Les techniques de la coutellerie : clou ou ressort ?

Le couteau fermant le plus simple est le « couteau à clou » : une tige assure la rotation entre la lame et le manche et une « lentille » à l'extrémité du talon ou une virole tournante (comme dans le cas de l'Opinel) empêche que la lame ne se retourne sur la main. Les Margaux-Drouhin ont, quant à eux, développé des créations munies de ressorts. Cette plaque métallique placée à l'intérieur du couteau assure l'ouverture et la fermeture du couteau.

La réalisation d'un canif

La fabrication d'un couteau nécessite la maîtrise de différentes techniques, du travail du métal au façonnage des matières précieuses.

coutelierFabrication des pièces en métal

Le coutelier va tout d'abord réaliser les différentes pièces métalliques (lame, ressort, platines...). Emile (1855 - 1935) et Gaston Margaux (1890 - 1986) maîtrisaient le forgeage manuel de l'acier au carbone. Mais, à partir des années 1950, Paul (1905 - 1989) et Emile Drouhin (né en 1930), leurs descendants, ont adopté de nouvelles techniques de travail : les lames, en Inox, sont estampées, c'est-à-dire découpées à froid, à l'aide d'une presse à balancier. Les épures obtenues sont percées puis limées sur l'étau.

De la trempe au polissage

Afin de donner au métal solidité et souplesse, les pièces, subissent plusieurs traitements thermiques (chauffes, refroidissements brusques). Les pièces doivent alors être redressées sur l'étau ou l'enclume à l'aide d'un marteau. L'émouture, réalisée avec une meule à eau, donne le tranchant aux lames. Afin de supprimer l'aspect brut du métal, les pièces sont polies puis tamponnées mécaniquement à l'aide de supports enduits de grains d'émeri ou de cercles de toiles.

coutelierLe façonnage des manches

L'emploi de matières précieuses est courant pour la réalisation des garnitures couvrant le manche. Le coutelier se fait alors tabletier afin de mettre en forme écaille, ivoire, nacre, bois précieux, corne... A l'aide de gabarits, il découpe les forme puis les travaille à la râpe ou à la meule. L'utilisation de certaines de ces matières est réglementée par la Convention de Washington depuis 1973 : les artisans ont l'obligation de travailler à partir de stocks constitués antérieurement.

Le montage

Toutes les pièces sont désormais prêtes, soit pour un canif onglier :

  • deux garnitures,
  • deux platines,
  • le ressort,
  • la lame,
  • la lime à ongle.

Le travail d'ajustage est extrêmement précis. Enfin, la pose de clous solidarise l'ensemble. Un dernier tamponnage et l'article est prêt pour la vente