Vous êtes ici : Accueil > Culture > Musées > Musée des Arts Décoratifs > Faïences de Nevers

Faïences de Nevers

Faïences de NeversPendant quatre siècles, Nevers a produit une faïence d’une extraordinaire richesse de décors et d’une grande diversité de formes.

C’est pourquoi la Ville de Bourges a choisi en 2010 de dédier une salle située au 2e étage de l’Hôtel Lallemant à la faïence de Nevers. Sont ainsi mises plus de trente faïences appartenant aux collections municipales. Les couleurs et les formes sont d’une grande diversité.

 

Histoire de la Faïence

La céramique était fabriquée à Nevers avant le XVIe siècle, mais c’est Louis de Gonzague, époux d’Henriette de Clèves, héritière du duché de Nevers qui lui donna un haut niveau de qualité artistique en faisant venir à Nevers, à partir des années 1580, des faïenciers italiens, parmi lesquels Augustin Conrade et ses deux neveux Dominique et Jean-Baptiste, ainsi que Jules Gambin.

Le XVIIe siècle constitue l’âge d’or de cet artisanat. C’est d’ailleurs de cette époque que date la plupart des pièces présentées à l’Hôtel Lallemant. De très haute qualité artistique et technique, elles sont principalement destinées à une riche clientèle parisienne mais aussi aux notables locaux.

Au XVIIIe siècle, intervient un changement notable dans la méthode de production qui s’industrialise et perd en qualité. Les manufactures grignotent progressivement les ateliers et la production s’oriente vers la satisfaction d’une demande locale moins prestigieuse et moins fortunée. Pour abaisser les coûts, les décors sont simplifiés.

Au XIXe siècle et notamment pendant la période révolutionnaire, la production continue dans la même optique.

Elle perdure aujourd’hui, dans des proportions considérablement amoindries et se consacre surtout à la reproduction des décors anciens.

Une Grande Variété de Décors et de Formes

Les décors

Au cours de cette très longue période, s’est manifesté un génie décoratif foisonnant. Parmi les styles les plus importants, distinguons :

  • Le décor A istoriato originaire d’Italie, montre des scènes polychromes qui occupent toute la surface de l’objet. L’iconographie, mythologique ou biblique, provient généralement de la gravure ;
  • Le décor A compendiario, également d’origine italienne,  est un dessin sommaire exécuté sur fond blanc et rehaussé de quelques touches de bleu, de jaune ou de brun ;
  • Le décor A Savone présente une mise en page analogue à celle du décor A istoriato, mais le bleu sur fond blanc constitue la couleur unique. Aux sujets tirés de la bible ou de la mythologie s’ajoutent les scènes champêtres.

Au cours du XVIIe siècle, apparaît un décor à dominante de motifs végétaux et d’oiseaux le plus souvent sur fond bleu intense (bleu de Nevers ou bleu persan) ou jaune.

D’autres styles de décors existent tels que :

  • le décor Au chinois que Nevers partage avec beaucoup de centres de production français ;
  • le décor patronymique qui apparaît au début du XVIIIe siècle et représente le saint patron du commanditaire accompagné de la date de fabrication ;
  • le décor parlant où un texte accompagne l’image ;
  • le décor patriotique, datant de la Révolution, qui réunit souvent les symboles royaux ou révolutionnaires et évoque divers événements de cette période mouvementée.

Les formes

Nous pouvons distinguer les pièces d’ornement des pièces d’usages.

Parmi les premières, se trouvent des plats de grande dimension, des aiguières, des plaques, des statues, des gourdes bouteilles, des bénitiers et des vasques.

Les pièces d’usages, quant à elles, se composent des principaux objets utilitaires que sont le saladier, l’assiette, le pot-pourri, les pots à pharmacie ou encore les présentoirs.

Aperçu de l'exposition