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Restauration des peintures murales présentent dans la loggia de l’Hôtel Lallemant

Un coup de jeune à l’Hôtel Lallemant

La Ville de Bourges, par le biais de la Direction des Musées et du Patrimoine, a fait intervenir Mme Dandrel, conservatrice et restauratrice d’œuvre d’art suite au niveau important de dégradation de la fresque murale qu’abrite l’Hôtel Lallemant.  Son intervention se concentre sur les peintures murales et bas-relief polychrome présent dans la loggia du musée. Le Muséum d’Histoire Naturelle de Bourges a également participé à cette restauration, à sa manière. 

CONTEXTE DE LA DEMANDE

La loggia de l’Hôtel Lallemant abrite un cycle de peintures murales qui court sur trois de ses parois, encadrant un groupe en bas-relief polychrome situé au-dessus de la porte du mur du fond.

La demande de la Ville de Bourges porte sur la réalisation d'un bilan sanitaire de cet ensemble peint et des propositions de préconisations de conservation-restauration.

LES PEINTURES MURALES

Les peintures sont constituées d’un large bandeau de 1,30 m de hauteur et occupe une surface de 17 m² environ.

Les premières observations portaient sur :

  •  nombreux repeints altérés
  •  lacunes de couche picturale
  • pertes d’adhérence de la couche picturale à son support.

LE BAS-RELIEF POLYCHROME

Le groupe sculpté polychrome a la même hauteur que le cycle peint, pour une surface de 2m² environ.

Le bas-relief ne présente pas de problèmes structurels importants.

OBSERVATIONS ET PHASE D’ETUDE

Afin de répondre au mieux à la demande et de ne pas altérer davantage les peintures murales et le bas-relief, Mme. Dandrel a tout d’abord commencé par une phase d’étude des œuvres en Février dernier.

  • Etude stratigraphique et technique :

La réalisation de Points d’Etudes Stratigraphiques consiste à observer, décrire et relever, de façon détaillée, en un point précis, les différentes strates superposées depuis le support jusqu’à la couche de surface.

L’étude technique quant à elle consiste à recenser les données sur la nature des matériaux constitutifs (support et couche picturale) et sur les procédés techniques de mise en œuvre, pour la peinture murale et le groupe sculpté.

  • Etude sanitaire et diagnostique

Le constat d’état a pour but de recenser et de localiser de manière exhaustive l’ensemble des phénomènes d’altération présents. Pour ensuite établir les corrélations entre les altérations observées et l’ensemble des données disponibles sur l’histoire matérielle des peintures et du bâti.

  • Tests de traitement

Les tests de conservation-restauration seront réalisés sur les décors peints et le groupe sculpté afin de déterminer les procédures les plus adaptées au traitement des altérations observées et à la suppression des repeints.

INTERVENTION DE CONSOLIDATION

L’intervention consiste à consolider d’urgence de la couche picturale présente dans la loggia de l’Hôtel Lallemant.

L’étude menée auparavant par Mme Dandrel a mis en évidence l’état de conservation très préoccupant de la couche picturale : celle-ci présente de nombreuses et larges zones de déplacage qui génèrent des pertes de matière régulières.

Les tests réalisés lors de la phase d’étude ont montré que ces déplacages de couche picturale pouvaient être traités de façon très satisfaisante par apport d’adhésif acrylique à la seringue au revers des écailles.

COÛTS ET DURÉE DE LA RESTAURATION

Durée d’intervention sur les déplacages de l’œuvre : 7 jours.

Coût d’intervention : 5180,40€ TTC

ART & BIODIVERSITÉ

L’art mène à la biodiversité et réciproquement.  Le Muséum d’Histoire Naturelle de Bourges est intervenu sur le site de l’Hôtel Lallemant pour la présence de chauves-souris au –dessus des peintures murales située dans la loggia, en cours de diagnostic.

Quelques pipistrelles et sérotines ont en effet pour habitude de s’installer dans les espaces entre les solives et les murs, au-dessus de la peinture. Du guano peut donc se retrouver en faible quantité sur l’œuvre.

Après s’être assurés de l’absence des chauves-souris, ces disjointements ont été colmatés par les chiroptérologues. Une attention particulière a été portée sur le maintien d’un espace, à l’écart de la peinture, permettant toujours aux chauves-souris de s’y installer.