Nous apprenons qu'avant quelques jours l'Archevêché sera attribué à notre ville pour nos services municipaux et la bibliothèque.
L'attribution aura lieu à titre gratuit sauf pour la partie qui comprenait le jardin privé de l'Archevêché, laquelle ayant été acquise par l'Etat en 1851, 1852 et 1853 ne pourra être cédée par les Domaines à la ville de Bourges que moyennant finances. C'est une surface de 749 mètres carrés dont le prix qu'on nous demandera, nous l'espérons, sera minime.
Notre municipalité ne tardera pas à être avisée de cette solution.
Nous souhaitons que, le jour même où la notification officielle lui en sera faite elle convoquera le conseil municipal pour voter les crédits nécessaires à l'aménagement de l'ex-palais archi-épiscopal de façon qu'au printemps l'installation de notre Hôtel de Ville dans le superbe immeuble puisse avoir lieu.
La ville de Bourges sera éternellement reconnaissante à l'honorable président du Conseil, M. Briand, et à M.Cochery, le ministre des finances, de cette attribution de l'Archevêché, qui va permettre au chef-lieu du département du Cher d'avoir un Hôtel de Ville digne de lui.
Ce serait toute une histoire à faire que celle des manœuvres du parti clérical pour empêcher qu'une destination quelconque fut donnée à l'Archevêché!
Il caressait l'espoir d'y faire revenir l'Archevêque et comptait pour cela sur le temps et un retour de l'opinion, mais il fallait, comme première condition, que l'Archevêché restât inoccupé et libre.
On avait commencé par demander un million de l'immeuble, puis 500.000fr. pour neutraliser les énergies qui se dépensaient en notre faveur et les forcer à rester tranquilles, on avait dit et déclaré que l'Archevêché appartenait au département.
Mais on tint bon! Les manigances furent dévoilées et finalement les Domaines, dernier refuge de la réaction dans l'Administration française, furent contraints de convenir qu'avec l'Archevêché il ne s'agissait ni d'un bien domanial, ni d'un bien de département, mais d'un bien de la Mense dont les Cultes, en vertu de l'article 1er, paragraphe 1 et 3 de la loi du 13 avril 1908 pouvaient faire l'attribution gratuite à la ville de Bourges.
Tout est bien qui finit bien. Mais, à plusieurs reprises, nous eûmes de réelles craintes.
Si M.Clémenceau était reté, au pouvoir avec son ministre Caillaux, qui sait si la ville de Bourges eût obtenu la victoire?
Il est permis d'en douter.
Source Archives Municipales : 4S20 la « Dépêche du Berry », 2ème semestre 1909.