
Le 26 novembre 1951, ils
étaient 33 courageux à
s’élancer de Bourges
en direction de Sancerre. La
distance (58 km) paraissait mythique
pour l’époque. Depuis
les hommes ont fait beaucoup
mieux.
Il n’empêche que cela avait de
quoi impressionner. 1 500 personnes
étaient venues saluer ces
courageux marcheurs. Trente
arriveront sur le Piton. Une
grande épreuve venait de naître
sous l’égide des Cyclotouristes
Berruyers. Depuis, la date
retenue est invariablement celle
du troisième dimanche de février
(le 21 cette année). Le départ
est donné lorsque s’égrènent
les douze coups de minuit à
la cathédrale Saint-Etienne. Un
immense souffle emporte alors
vers le large un gigantesque
peloton de plus d’un millier de
concurrents. On se sent alors
des ailes en dévorant l’asphalte
des rues de Bourges. Un vrai
miroir puisqu’une petite heure
plus tard on se retrouve seul
dans la campagne berrichonne
avec parfois comme seul compagnon,
le froid, voire la neige,
la pluie ou pire encore le verglas.
C’est là que Bourges-Sancerre
prend sa vraie dimension.
Il y a les chevronnés qui d’un
pas alerte vont tenir les 7 à 8 km/h de moyenne. Ils seront
à Sancerre juste aux premières
lueurs de l’aube.
Les marcheurs
correctement préparés arriveront
vers les 09/10h. C’est la bonne
heure. Ils auront pris le temps
d’un casse-croûte convivial ici
et là et auront peut être la joie
d’apercevoir de très loin, Sancerre
noyé dans le soleil levant.
Un immense bonheur que l’on
prolongera volontiers d’un petit
verre aux caves de la Mignonne.
Enfin il y a ceux à la préparation
insuffisante, à l’équipement mal
adapté notamment au niveau des
chaussures. L’aventure tourne
vite au cauchemar. Mieux vaut
dans ce cas-là se concentrer
sur Morogues-Sancerre, c’est
cent fois plus agréable.
Bourges-
Sancerre n’est pas un exercice impossible, ni un exploit pour
athlètes hors normes. Nous
en connaissons qui ont fait dans
la foulée le retour vers Bourges
ou d’autres qui sont allés
ce dimanche après-midi au
travail jusqu’à 20h. Tout est en
fait question d’une bonne préparation
! Il faut au moins le faire
une fois dans sa vie.